Copains  ›  Se faire de nouveaux amis après 50 ou 60 ans

Se faire de nouveaux amis après 50 ou 60 ans : et si notre cercle n’était pas terminé ?

On peut avoir des amis et constater malgré tout que son cercle ne se renouvelle plus.

Ce n’est pas tout à fait la même chose que d’être seul.

Tu peux avoir un compagnon, quelques vieux amis, une famille, des connaissances, des activités. Une vie parfaitement remplie, en somme. Et pourtant, en regardant les personnes que tu vois réellement au fil des semaines, te rendre compte que le cercle s’est resserré.

Pas brutalement. Presque sans qu’on s’en aperçoive.

Les amitiés ne disparaissent pas forcément. Elles changent de place.

Il y a l’ami parti vivre à trois cents kilomètres. Celui avec qui on échange encore des nouvelles mais qu’on voit deux fois par an. Celui qui s’est mis en couple et dont le rythme de vie a changé. Celui avec qui on n’a jamais été fâché, mais que la vie a doucement éloigné.

Et puis il y a ces relations anciennes auxquelles on tient sincèrement, tout en sachant qu’elles n’occupent plus la même place qu’autrefois.

Rien de dramatique là-dedans. Une vie bouge, les gens aussi.

Mais pendant que certaines relations s’éloignent, une autre chose peut se produire : les nouvelles entrent de moins en moins souvent dans le cercle.

À 25 ans, le cercle semblait naturellement ouvert

À cet âge-là, on ne se demandait pas vraiment si on allait encore se faire de nouveaux amis.

Un collègue amenait quelqu’un à une soirée. On sympathisait avec l’ami d’un ami. On changeait de boulot, de ville, d’activité. Des gens entraient dans notre vie sans qu’on ait besoin de décider qu’on allait « se faire des amis ».

Quelques-uns disparaissaient ensuite. D’autres restaient.

À 55, 60 ou 70 ans, beaucoup de choses sont davantage installées. Nos habitudes, nos relations, parfois notre couple, nos loisirs. C’est confortable. Mais cela produit aussi moins de ces collisions imprévues qui faisaient autrefois entrer de nouvelles personnes dans notre vie.

Le cercle ne s’est pas forcément fermé. On a simplement cessé de penser qu’il pouvait encore beaucoup changer.

Une vieille amitié n’est pas forcément une amitié vivante

Il y a une phrase étrange que l’on entend souvent : « C’est un ami de trente ans. »

Comme si le nombre d’années disait à lui seul quelque chose de la relation.

Parfois, bien sûr, ces trente années racontent une proximité extraordinaire. On a traversé ensemble des déménagements, des séparations, des joies, des emmerdes, des changements de vie. On peut reprendre une conversation après six mois comme si on s’était quittés la veille.

Mais parfois, l’ancienneté est surtout… de l’ancienneté.

On s’apprécie toujours. On partage beaucoup de souvenirs. Pourtant, si l’on se rencontrait aujourd’hui pour la première fois, on ne sait pas très bien ce qui se passerait.

La durée d’une amitié et sa vitalité ne sont pas la même chose.

Alors pourquoi imaginer que les amis importants sont forcément derrière nous ?

C’est peut-être là que nous nous racontons une drôle d’histoire.

Nous acceptons très facilement qu’à 58 ans on puisse découvrir une nouvelle ville, commencer une activité, changer de métier, tomber amoureux ou se passionner soudainement pour quelque chose auquel on ne s’était jamais intéressé.

Mais pour l’amitié, nous avons parfois l’air de considérer que le casting principal a déjà été fait.

Comme si les nouveaux venus ne pouvaient plus devenir que des connaissances sympathiques.

Pourtant, qu’est-ce qui empêcherait une personne rencontrée à 62 ans de devenir, dix ans plus tard, quelqu’un dont on ne pourrait plus vraiment imaginer la vie sans lui ?

La seule différence avec l’ami rencontré à 25 ans, c’est que leur histoire commune a commencé plus tard.

Avec l’âge, on sait aussi un peu mieux avec qui on a envie d’être

Il y a même un avantage à se faire des amis plus tard.

On connaît généralement mieux ses goûts. On sait davantage ce qui nous ennuie, ce qui nous stimule, les conversations que l’on aime, les personnalités qui nous font du bien et celles avec lesquelles, malgré toute la bonne volonté du monde, ça ne prendra probablement jamais.

On ressent moins le besoin d’être ami avec tout le monde.

Ce qui peut sembler rendre les rencontres plus difficiles les rend aussi plus simples : quelques vraies affinités valent davantage qu’une longue liste de relations.

À cet âge, une nouvelle amitié peut donc être moins accidentelle. Pas calculée pour autant. Simplement choisie avec un peu plus de discernement.

Et l’âge de l’autre, justement ?

Nos vieux amis ont souvent à peu près notre âge pour une raison très simple : nous les avons rencontrés au lycée, à la fac, au travail ou à une période où nos vies avançaient au même rythme.

Mais lorsqu’on rencontre quelqu’un aujourd’hui, cette logique n’a plus forcément beaucoup de sens.

Un homme de 62 ans peut découvrir qu’il a énormément de choses à partager avec quelqu’un de 45 ans. Et assez peu avec un autre homme de 62 ans.

Chez les gays, cette rencontre entre générations peut être particulièrement intéressante. Nous n’avons pas tous grandi dans la même époque, connu les mêmes libertés ni vécu notre homosexualité de la même façon. Cela crée des différences, parfois importantes.

Mais cela n’empêche ni la connivence, ni l’humour, ni les passions communes.

Et heureusement : une date de naissance serait un critère assez pauvre pour choisir ses copains.

Il ne s’agit pas de remplacer les anciens

Faire entrer de nouvelles personnes dans sa vie ne retire rien à celles qui y sont déjà.

On ne renouvelle pas son cercle d’amis comme on renouvelle une garde-robe.

Les relations anciennes portent une histoire que personne ne remplacera. Les nouvelles apportent autre chose : d’autres conversations, d’autres habitudes, parfois une énergie différente et surtout de nouvelles histoires qui commencent.

Les deux peuvent très bien coexister.

La vraie question est peut-être simplement de savoir si nous laissons encore une place disponible.

Notre cercle d’amis n’est pas obligé d’être terminé

C’est aussi une des idées derrière Copains.

Nous ne cherchons pas à réunir des hommes parce qu’ils ont le même âge. Au contraire. Ce qui nous intéresse davantage, ce sont les affinités, la curiosité, les choses que chacun aime partager et cette part impossible à prévoir qui fait qu’on a envie de revoir quelqu’un.

À 30, 50 ou 70 ans, personne ne peut savoir au moment d’une rencontre quelle place l’autre prendra un jour dans sa vie.

Et c’est peut-être justement ce qui rend l’idée intéressante.

Une nouvelle rencontre peut encore devenir une vieille amitié.

Il faut simplement qu’elle ait un jour commencé.

Le cercle peut encore s’agrandir

Et si le prochain copain n’était simplement pas encore arrivé ?

Copains réunit autour de Lorient des gars d’âges et de parcours différents qui ont envie de laisser une vraie place à de nouvelles amitiés.

Pas pour remplacer les amis d’hier. Simplement pour laisser aussi commencer les histoires de demain.

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À retenir

Une nouvelle rencontre peut encore devenir une vieille amitié.